Monet est venu avec une idée fixe. Il veut peindre la cathédrale. Pas une fois, pas deux fois : il veut la peindre sous toutes les lumières, à toutes les heures, par tous les temps.
Pour trouver le bon point de vue, il frappe aux portes des commerçants du quartier. Un marchand de nouveautés accepte de lui prêter son premier étage. Une boutique de lingerie aussi. Monet s’installe et passe des journées entières à observer la pierre, presque habité par son sujet.
Il reviendra l’année suivante. Au total, il peindra plus de trente vues de cette même façade. Quand les tableaux sont exposés, le public est saisi. Ce n’est pas la cathédrale que Monet a peinte. C’est la lumière.
– Claude Monet
Pour essayer de capturer toutes les variations lumineuses sur son sujet, Monet peint jusqu’à une dizaine de toiles en même temps : il les fait défiler sur son chevalet dès que la lumière change !
C’est ainsi qu’il invente littéralement la notion de « série » en peinture. À chaque fois, c’est le même sujet et presque le même cadrage.
Ce n’est pas sa seule série : outre la trentaine de Cathédrales, on compte une vingtaine de meules de foin et autant de peupliers !
– Claude Monet

Monet peint des séries du même sujet où seule la lumière change.
Son marchand Durand-Ruel expose l’ensemble des toiles en 1895 : elles font un carton !
Ça y est, l’Impressionnisme devient « bankable » ! Reconnu par le marché de l’art, il commence à plaire à certains collectionneurs, comme le riche industriel normand Depeaux.
Mais les préjugés à l’égard de la peinture impressionniste persistent…
Clemenceau, homme politique et ami du peintre, cherche à faire acquérir la série par l’État français.
Peine perdue… Les tableaux sont vendus séparément et sont aujourd’hui dispersés dans le monde entier, d’où leur célébrité !

En 1895, Monet rencontre enfin le succès avec sa série « Cathédrale » : l’Impressionnisme est enfin reconnu.
1874, huile sur toile, 80 x 98 cm, Neue Pinakothek, Munich

Monet aime peindre la lumière et l’eau, des sujets qui changent sans cesse.
Il s’y installe dès 1883, mais c’est dix ans plus tard qu’il commence à créer son « jardin d’eau », un vaste étang rempli de nénuphars… Un lieu qu’il a peint sans relâche.
En effet, pour créer l’étang, il doit demander l’autorisation de détourner un ruisseau. Non sans difficulté : les villageois redoutent que ses plantes exotiques n’empoisonnent le bétail… Finalement, le peintre obtient l’autorisation : le « jardin d’eau » peut voir le jour !
Ce lieu magique lui permet d’explorer les reflets de la lumière sur la surface de l’eau. Ce bassin est garni de nénuphars dont le nom savant est… nymphéas. Monet se consacre à ce sujet jusqu’à sa mort en 1926.

À Giverny, Monet crée son jardin d’eau et le peint sans relâche dans sa série des Nymphéas.
Il peint près de 300 œuvres dédiées à ce motif et va notamment travailler plusieurs années sur le gigantesque cycle du Musée de l’Orangerie à Paris.

Fasciné par les nymphéas de son jardin, Monet en fait le sujet de 300 toiles.
Il s’agit en réalité d’une passion pour l’art japonais. Et notamment pour les images populaires appelées estampes, qu’il a collectionnées en grande quantité. Ce qui l’intéresse :

De nombreux Impressionnistes s’inspirent de l’art japonais : séries, sujets éphémères, cadrage…
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