Les Monet prennent le soleil dans leur jardin d’Argenteuil. Édouard Manet, proche de la famille, décide de les peindre. Séduit par la lumière, il se plonge dans la peinture de son œuvre. Arrive alors un visiteur inattendu…
C’est Renoir, célèbre impressionniste, qui vient rendre visite à son ami Monet. À son tour, charmé par la scène et ses couleurs, il demande alors à Monet son matériel et se met à peindre juste à côté de Manet. De quoi agacer ce dernier !
Voilà Manet qui surveille discrètement Renoir et grimace lorsqu’il s’approche de sa toile. Manet, irrité, aurait murmuré à l’oreille de Monet au sujet de Renoir : « Il n’a aucun talent, ce garçon-là. Vous qui êtes son ami, dites-lui donc de renoncer à sa peinture ! » Heureusement, Monet n’en fait rien.
– George Sand
Dignes héritiers des peintres de Barbizon, ils plantent leur chevalet en pleine nature. Cela leur permet de mieux retranscrire ce qu’ils ont sous les yeux, c’est-à-dire le « motif », d’où l’expression « peindre sur le motif ».
L’intérêt, pour eux, est aussi de capter la lumière naturelle et les moments fugitifs qu’elle fait naître. « Cette école […] n’adopte qu’un atelier, la nature ! » dira un critique.
– Camille Corot

Les Impressionnistes aiment peindre sur le motif, c’est-à-dire en extérieur, pour capter la lumière changeante.
Les Impressionnistes utilisent une nouveauté bien pratique : le chevalet portatif.
Mais cela ne suffit pas : il faut aussi pouvoir transporter sa peinture. Impossible de mélanger sur place les pigments avec l’huile ! Il y a toujours l’option de stocker la peinture dans des vessies de porc, mais c’est loin d’être pratique…
Heureusement, à partir des années 1840, des industriels inventent et perfectionnent les tubes de peinture en métal. Renoir disait de cette petite révolution : « Sans tube de couleur, pas d’Impressionnisme ! »

Les Impressionnistes peuvent peindre en plein air grâce au chevalet portatif mais surtout aux tubes de peinture en métal facilement transportables.
C’est parce que la lumière naturelle est très importante pour les Impressionnistes.
Elle va modifier la perception du sujet – que ce soit un paysage ou une architecture – selon la saison ou l’heure du jour.
D’où leur intérêt pour les bords de Seine et la Normandie : le climat océanique est très changeant. La lumière varie donc rapidement, et ses effets fugaces sur les paysages sont un sujet inépuisable pour les peintres !
– Guy de Maupassant

Ce qui fascine les Impressionnistes, ce sont notamment les effets produits par les infinies variations de lumière.
Si les Impressionnistes, en majorité parisiens, sont si souvent venus peindre les bords de Seine et la côte normande, c’est grâce à leur meilleur allié : le train.
Et ça tombe bien ! Plusieurs lignes relient Paris à la côte, en passant par la banlieue et les bords de Seine.
Embarquons à Saint-Lazare et regardons, à chaque arrêt, les tableaux que tous ces paysages évocateurs ont inspirés.

Le train permet aux Impressionnistes, au départ de la gare Saint-Lazare à Paris, de rallier les bords de Seine et la Normandie.
En plein hiver, le peintre Claude Monet vient passer quelques semaines à Étretat. Il veut immortaliser la falaise !
Mais impossible de peindre en extérieur comme il le souhaiterait : le temps ne lui permet pas de mettre un orteil dehors…
Déterminé, le peintre se réfugie dans une annexe de son hôtel, qui dispose d’une vue imprenable sur la falaise. C’est là, au sec et au chaud, qu’il peint plusieurs toiles. Puis une fois le beau temps revenu, il en peint d’autres au pied de la falaise.

À Étretat, en intérieur puis en extérieur, Monet peint de nombreuses versions de la falaise.
Ce qui le passionne : les paysages, les berges de la Seine et du Loing et, comme Monet, les variations lumineuses…
C’est à Moret-sur-Loing qu’il va s’installer définitivement et peindre des centaines de toiles.

Sisley, Impressionniste d’origine anglaise établi à Moret-sur-Loing, y peint de nombreux paysages.
Camille Pissarro, quant à lui, se spécialise à un moment de sa vie dans les scènes campagnardes et la vie agricole.
Doyen du groupe impressionniste, il devient le maître de Paul Cézanne. Il s’installe une dizaine d’années à Pontoise, où il peint de nombreux tableaux…
Il s’est aussi beaucoup intéressé aux paysages industriels :

Pissarro peint des scènes agricoles mais aussi des paysages industriels.
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