Sortir de l’atelier Sortir del’atelier CHAPITRE 3
Sortir de l’atelier Sortir del’atelier CHAPITRE 3
Un jour d’été 1874.

 

Les Monet prennent le soleil dans leur jardin d’Argenteuil. Édouard Manet, proche de la famille, décide de les peindre. Séduit par la lumière, il se plonge dans la peinture de son œuvre. Arrive alors un visiteur inattendu… 

 

C’est Renoir, célèbre impressionniste, qui vient rendre visite à son ami Monet. À son tour, charmé par la scène et ses couleurs, il demande alors à Monet son matériel et se met à peindre juste à côté de Manet. De quoi agacer ce dernier ! 

 

Voilà Manet qui surveille discrètement Renoir et grimace lorsqu’il s’approche de sa toile. Manet, irrité, aurait murmuré à l’oreille de Monet au sujet de Renoir : « Il n’a aucun talent, ce garçon-là. Vous qui êtes son ami, dites-lui donc de renoncer à sa peinture ! » Heureusement, Monet n’en fait rien.

« Je n’ai jamais compris la rivalité entre les gens qui peuvent s’estimer et se comprendre. »

– George Sand

Comparer
Édouard Manet, La famille Monet dans leur jardin d’Argenteuil, 1874, Metropolitan Museum of Art, New York
Auguste Renoir, Madame Monet et son fils, 1874, National Gallery of art, Washington DC
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La peinture sur le motif 
Une caractéristique commune à la plupart des Impressionnistes, c’est leur goût pour la peinture en extérieur…

 

Dignes héritiers des peintres de Barbizon, ils plantent leur chevalet en pleine nature. Cela leur permet de mieux retranscrire ce qu’ils ont sous les yeux, c’est-à-dire le « motif », d’où l’expression « peindre sur le motif ». 

 

L’intérêt, pour eux, est aussi de capter la lumière naturelle et les moments fugitifs qu’elle fait naître. « Cette école […] n’adopte qu’un atelier, la nature ! » dira un critique. 

Alfred Sisley, Le pont de Moret, effet d’orage,
 1887, huile sur toile, 51 x 63 cm, MuMa, Le Havre
Jean-Baptiste Camille Corot, Autoportrait, la palette à la main,
1835, huile sur papier monté sur toile, Galerie des Offices, Florence
« J’ai besoin de branches naturelles. Je veux savoir comment les feuilles des saules se tiennent en l’air. » 

– Camille Corot 

Pour résumer

Les Impressionnistes aiment peindre sur le motif, c’est-à-dire en extérieur, pour capter la lumière changeante.

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Les instruments portatifs
Peindre en extérieur, oui, mais comment ?

 

Les Impressionnistes utilisent une nouveauté bien pratique : le chevalet portatif.

 

Mais cela ne suffit pas : il faut aussi pouvoir transporter sa peinture. Impossible de mélanger sur place les pigments avec l’huile ! Il y a toujours l’option de stocker la peinture dans des vessies de porc, mais c’est loin d’être pratique… 

 

Heureusement, à partir des années 1840, des industriels inventent et perfectionnent les tubes de peinture en métal. Renoir disait de cette petite révolution : « Sans tube de couleur, pas d’Impressionnisme ! »

Pour résumer

Les Impressionnistes peuvent peindre en plein air grâce au chevalet portatif mais surtout aux tubes de peinture en métal facilement transportables.

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La lumière, obsession des Impressionnistes
Pourquoi se donner tant de mal à peindre en extérieur ?

C’est parce que la lumière naturelle est très importante pour les Impressionnistes.

 

Elle va modifier la perception du sujet  que ce soit un paysage ou une architecture  selon la saison ou l’heure du jour. 

 

D’où leur intérêt pour les bords de Seine et la Normandie : le climat océanique est très changeant. La lumière varie donc rapidement, et ses effets fugaces sur les paysages sont un sujet inépuisable pour les peintres ! 

Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, le Portail, Temps gris, 1892, musée d’Orsay, Paris
Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, Effet de soleil (Fin de journée), 1892, musée Marmottant Monet, Paris
Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, Le Portail et la tour Saint-Romain, plein soleil, 1893, musée d’Orsay, Paris
Claude Monet, La Cathédrale de Rouen, Le Portail, 1892-1894, musée Pola, Hakone
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Nadar, Guy de Maupassant, 1888, Bibliothèque nationale de France, Paris
« J’ai suivi plus d’une fois Claude Monet à la recherche d’impressions, ce n’était plus un peintre, en vérité, mais un chasseur. […] Il traquait le soleil et l’ombre et capturait en quelques touches le rayon de lumière ou le nuage qui passait… »

– Guy de Maupassant

Pour résumer

Ce qui fascine les Impressionnistes, ce sont notamment les effets produits par les infinies variations de lumière.

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Le long des chemins de fer

Si les Impressionnistes, en majorité parisiens, sont si souvent venus peindre les bords de Seine et la côte normande, c’est grâce à leur meilleur allié : le train.

 

Et ça tombe bien ! Plusieurs lignes relient Paris à la côte, en passant par la banlieue et les bords de Seine.

 

Embarquons à Saint-Lazare et regardons, à chaque arrêt, les tableaux que tous ces paysages évocateurs ont inspirés. 

Claude Monet, La Gare Saint-Lazare, arrivée d’un train,
1877, musées d’art de Harvard/Musée Fogg, legs de la collection de Maurice Wertheim
Pierre-Auguste Renoir, La Seine à Argenteuil,
1874, musée d’art de Portland
Pierre-Auguste Renoir, Le déjeuner des canotiers,
1881, The Phillips Collection, Domaine public
Claude Monet, Le Bassin aux nymphéas, Harmonie verte,
1899, National Gallery, Londres
Charles Fréchon, Rouen, Île Lacroix,
1891-1895, musée des Beaux-Arts, Rouen
Berthe Morisot, Le port de Cherbourg,
1869, Yale University Art Gallery
Camille Pissarro, L’avant-port du Havre, Main, Soleil, Marée montante,
1903, musée d’art moderne André-Malraux
Claude Monet, Falaise à Varengeville,
1897, MuMa, Le Havre
Pour résumer

Le train permet aux Impressionnistes, au départ de la gare Saint-Lazare à Paris, de rallier les bords de Seine et la Normandie.

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Peindre contre vents et marées
1883

En plein hiver, le peintre Claude Monet vient passer quelques semaines à Étretat. Il veut immortaliser la falaise !

 

Mais impossible de peindre en extérieur comme il le souhaiterait : le temps ne lui permet pas de mettre un orteil dehors…

 

Déterminé, le peintre se réfugie dans une annexe de son hôtel, qui dispose d’une vue imprenable sur la falaise. C’est là, au sec et au chaud, qu’il peint plusieurs toiles. Puis une fois le beau temps revenu, il en peint d’autres au pied de la falaise. 

Claude Monet, Étretat sous la pluie,
1886, huile sur toile, 73,5 x 60,5 cm, Galerie nationale, Oslo
Claude Monet, La Manneporte,
1883, huile sur toile, 65,4 x 81,3 cm, Metropolitan Museum of Art, New York
Claude Monet, Étretat, La Manneporte, reflets sur l’eau,
1885, huile sur toile, 61,8 x 81,5 cm, Musée des beaux-arts de Caen
Pour résumer

À Étretat, en intérieur puis en extérieur, Monet peint de nombreuses versions de la falaise.

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Alfred Sisley, 1839-1899
Pierre-Auguste Renoir, Portrait d’Alfred Sisley,
1876, huile sur toile, Art Institut of Chicago 
L’Anglais Alfred Sisley s’intéresse peu à la grande ville.

 

Ce qui le passionne : les paysages, les berges de la Seine et du Loing et, comme Monet, les variations lumineuses…  

 

C’est à Moret-sur-Loing qu’il va s’installer définitivement et peindre des centaines de toiles. 

Alfred Sisley, L’inondation à Port-Marly,
1876, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Rouen
Alfred Sisley, La neige à Louveciennes,
1878, huile sur toile, 61 x 50,5 cm, Musée d’Orsay, Paris
Alfred Sisley, Sentier au bord de l’eau, le soir à Sahurs,
1894, huile sur toile, 81 x 100 cm, Musée des beaux-arts, Rouen
Alfred Sisley, Le pont de Moret,
1893, huile sur toile, 116 x 97 cm, Musée d’Orsay, Paris
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Sisley, Impressionniste d’origine anglaise établi à Moret-sur-Loing, y peint de nombreux paysages.

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Camille Pissarro, 1830-1903
Camille Pissarro, Autoportrait,
1873, huile sur toile, 55,5 x 46 cm, Musée d’Orsay
Camille Pissarro, Quai du Pothuis, bords de l’Oise,
1882, huile sur toile, 46,3 x 55,3 cm, MuMa, Le Havre
Camille Pissarro, La Côte du Jallais Pontoise,
1867, huile sur toile, 87 x 115 cm, Metropolitan Museum of Art, New York
Camille Pissarro, Soleil levant à Éragny,
1894, huile sur toile, 38,3 x 46 cm, MuMa, Le Havre

Camille Pissarro, quant à lui, se spécialise à un moment de sa vie dans les scènes campagnardes et la vie agricole.

 

Doyen du groupe impressionniste, il devient le maître de Paul Cézanne. Il s’installe une dizaine d’années à Pontoise, où il peint de nombreux tableaux… 

Il s’est aussi beaucoup intéressé aux paysages industriels : 

Camille Pissarro, Le pont Boieldieu à Rouen, soleil couchant, temps brumeux,
1896, huile sur toile, 54 x 65 cm, Musée des beaux-arts de Rouen
Camille Pissarro, L’Anse des Pilotes, Le Havre, matin, soleil, marée montante,
1903, huile sur toile, 54,5 x 65 cm, MuMa, Le Havre
Pour résumer

Pissarro peint des scènes agricoles mais aussi des paysages industriels.

Pour résumer, vous avez découvert :

  • La famille Monet à Argenteuil
  • La peinture sur le motif 
  • Les instruments portatifs 
  • La lumière, obsession des Impressionnistes 
  • Le long des chemins de fer 
  • Peindre contre vents et marées 
  • Alfred Sisley, 1839-1899 
  • Camille Pissarro, 1830-1903 
Pour s’entraîner

Quelle nouveauté permet aux Impressionnistes de peindre facilement en extérieur ?

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Pourquoi les Impressionnistes peignent-ils en extérieur ?

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Dans quelle ville Alfred Sisley s’est-il installé définitivement et y a peint des centaines de toiles ?

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Vous avez débloqué l’épisode suivant dans votre parcours Sur les pas des impressionnistes, entre Normandie et Île-de-France.

CHAPITRE 4

Une nouvelle façon de peindre

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