Toute la famille Morisot débarque à Ville-d’Avray pour l’été.
Mais si les parents ont loué une maison, ce n’est pas uniquement pour passer des vacances loin de Paris.
Ils ont choisi Ville-d’Avray pour se rapprocher du célèbre peintre Corot qui vit là.
Monsieur et Madame Morisot ont très envie de lui demander d’enseigner la peinture à leurs enfants, Edma et Berthe.
À l’époque, il n’est pas fréquent de voir des parents se décarcasser autant pour leurs filles. Mais elles sont passionnées par cet art et veulent progresser !
Les efforts de la famille paient : Corot accepte de prendre les jeunes filles sous son aile et les emmène peindre à l’extérieur, sa spécialité. Très vite, il est époustouflé par leur talent.
Berthe Morisot peut remercier ses parents : elle deviendra une grande peintre impressionniste. Et elle n’oubliera jamais les leçons de Corot.
On l’a vu, pour les critiques de l’époque, les Impressionnistes ont une manière très brouillonne de peindre… On voit les coups de pinceau !
C’est ce qu’on appelle « la touche » : la façon dont le peintre applique ses coups de pinceau sur la toile, la trace du geste de sa main. Un peu comme sa signature.
Alors que le goût de l’époque est aux peintures très lisses, à la touche invisible, des artistes comme Morisot ou Monet s’en affranchissent. Leur touche est visible, expressive.

On reconnaît les Impressionnistes à leur « touche », les traces visibles de leur geste sur la toile.

Morisot s’affirme en tant que peintre en dépit des codes bourgeois, et devient l’un des piliers du groupe impressionniste.
Ils restituent les couleurs exactement comme ils les voient, pour évoquer la réalité.
Un visage n’est plus couleur chair, il est composé de lumières bleue, rose, verte…
Et pour peindre les ombres ? Le noir est banni !
Chez les Impressionnistes, l’ombre est couleur. C’est ce que fait Monet dans sa série des Meules, peinte à Giverny : regardez l’ombre dans la neige… Elle est bleue !

Coloristes avant tout, les Impressionnistes n’utilisent pas de noir, même pour les ombres, qui sont colorées.
Les Impressionnistes n’ont pas sorti de nulle part leurs recherches sur les couleurs : ils se sont nourris de plusieurs découvertes scientifiques.

Le travail des Impressionnistes sur les couleurs se fonde sur des recherches scientifiques comme celles de Newton et de Chevreul.
Les peintres comprennent bien vite l’intérêt de ce médium inventé en 1839, qui propose une nouvelle vision du monde :

Pratique et inspirante, la photographie devient l’alliée des Impressionnistes au milieu du 19e siècle.
Et les statues ? Y a-t-il une sculpture impressionniste ? La réponse est oui !
Degas a modelé un grand nombre de petites statuettes en cire. Cela lui permet de capturer les poses éphémères des danseuses ou des chevaux, en trois dimensions.
De son vivant, il n’expose que la Petite danseuse de 14 ans. Jugée trop réaliste, elle fait scandale…
Échaudé, Degas ne renouvelle pas l’expérience. Mais, à sa mort, on découvre plus de 150 sculptures dans son atelier !
cire originale 1879-1881, fonte en bronze 1921, bronze, tutu de tulle, ruban de satin, H. 98 cm, Musée d’Orsay, Paris

Fixant l’instant en trois dimensions, Degas traduit l’Impressionnisme en sculpture, notamment avec sa Petite Danseuse de quatorze ans.

Degas a représenté beaucoup de danseuses et de jockeys, que ce soit en peinture, sculpture, dessin ou autre.
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