Aux racines de l’Impressionnisme Aux racines del’Impressionnisme CHAPITRE 1
Aux racines de l’Impressionnisme Aux racines del’Impressionnisme CHAPITRE 1
1850, Honfleur.

Eugène Boudin, maitre reconnu de la peinture de paysage, s’intéresse de près au travail d’un jeune artiste originaire du Havre qui excelle dans l’art de la caricature. Derrière ces portraits pleins d’esprit se cache un adolescent d’une quinzaine d’années : Claude Monet.

 

Convaincu de son talent, Boudin tente d’intéresser Monet à la nature. Mais le jeune caricaturiste ne semble pas très sensible à ses conseils… Il refuse les invitations de Boudin à aller dessiner en extérieur. Un jour, à court de prétexte, il accepte de le suivre. Et c’est une révélation !

 

Les yeux de Monet s’ouvrent face à la nature normande. Boudin lui conseille d’aller à Paris pour se former. Cette fois, Monet ne se défile pas et écoute immédiatement son maître !

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CLAUDE MONET
Caricature de Jules Didier, vers 1860, Art Institute of Chicago
EUGÈNE BOUDIN

Entrée des jetées du Havre par gros temps, 1895, huile sur toile, MuMa, Le Havre

« Je dois tout à Boudin. »
Claude Monet
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The place to be

Si l’Impressionnisme est né entre Paris et la côte normande, ce n’est pas par hasard. Ce territoire contient tous les ingrédients qui intéressent les artistes… 

  • Des paysages extrêmement variés : forêts, plages, villes, rives de la Seine…

 

  • Des sujets contemporains : loisirs modernes, activités urbaines, paysages industriels…

 

  • Une grande variété de couleurs et de lumières : une belle lumière naturelle et un ciel toujours changeant, grâce au climat océanique de la région.
Claude Monet, Champ de coquelicots, environs de Giverny
1885, huile sur toile, 65,5 x 81 cm, Musée des beaux-arts de Rouen
Gustave Caillebotte, Vue de toits (Effet de neige),
1878, huile sur toile, 64,5 cm x 81 cm, Musée d’Orsay, Paris
Eugène Boudin, Grand ciel,
1888-1895, huile sur bois, 26,8 x 21,8 cm, MuMa, Le Havre / Photo : Florian Kleinefenn
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Pour résumer

L’Île-de-France et la Normandie offrent des paysages et lumières variés qui attirent les Impressionnistes. 

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Les expositions impressionnistes

Parlons dates : l’Impressionnisme au sens strict est un mouvement artistique très court. 12 ans, c’est tout ! C’est la durée qui sépare la première exposition impressionniste en 1874 de la dernière, en 1886. Dans cette définition restreinte, ne sont « Impressionnistes » que les artistes ayant participé à ces expositions. 

Mais ce qui nous intéresse, c’est l’Impressionnisme au sens large : 

  • Cette histoire commence dès les années 1840, avec les premiers peintres en plein air…

  • Elle intègre de nombreux artistes avec une sensibilité impressionniste et qui, tous, ont développé leur art sur l’ensemble du bassin Normandie et Île-de-France.

  • … et se poursuit encore, puisque de nombreux artistes sont toujours inspirés par l’Impressionnisme !

Pour résumer

Si l’impressionnisme au sens strict a duré 12 ans, son histoire prend racine dès 1840 et inspire toujours les artistes actuels.

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L’École de Barbizon
Pour retrouver l’une des racines du mouvement, direction la forêt de Fontainebleau…

Les Impressionnistes ne sont pas les premiers à aller peindre en plein air. Au milieu du 19e siècle, une petite colonie d’artistes parisiens vient chercher l’inspiration dans la forêt. Ces « pleinairistes » se retrouvent tous à Barbizon, d’où leur nom d’École de Barbizon. 

Jean-Baptiste Camille Corot, Forêt de Fontainebleau,
1846, huile sur toile, 90,2 x 128,8 cm, Museum of Fine Arts de Boston
Théodore Rousseau, Étude de troncs d’arbres,
1833, huile sur toile, Musée des beaux-arts de Strasbourg
Jean-François Millet, Le Repas des moissonneurs,
vers 1850, pastel, aquarelle, peinture à l’huile et crayon noir sur papier beige, 50 x 86 cm, Musée d’Orsay, Paris

Aujourd’hui, il est toujours possible de se promener dans les pas de ces précurseurs de l’Impressionnisme : un circuit des peintres traverse le village et la forêt.

Et dans l’ancienne auberge Ganne, qui les logeait, se trouve le Musée départemental des peintres de Barbizon. On peut toujours y admirer les fresques qu’ils ont peintes sur les murs ! 

Musée départemental des peintres de Barbizon / Photo : © Département de Seine-et-Marne, Frédérique Bourdeau
Pour résumer

Encore aujourd’hui, on peut suivre les traces des peintres de l’École de Barbizon, précurseurs de l’Impressionnisme. 

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Jean-François Millet (1814-1875)
Jean-François Millet
Autoportrait, 1841, huile sur toile, Musée Thomas Henry de Cherbourg
Jean-François Millet, L’Eglise de Gréville,
1871-1874, huile sur toile, Musée d’Orsay (Paris)

Jean-François Millet est né en 1814 à Gréville-Hague, où se visite toujours sa maison natale transformée en musée. Il se forme à Cherbourg, notamment en allant copier les œuvres du musée Thomas Henry.

Jean-François Millet, Les Glaneuses,
1857, huile sur toile, Musée d’Orsay (Paris)

Fils de laboureur, il fait des paysans son sujet de prédilection. Sa manière de les peindre, avec réalisme et respect, change profondément l’image du travail des champs et inspire de nombreux artistes.

Jean-François Millet, Le Printemps,
1863-1873, huile sur toile, Musée d’Orsay (Paris)

Il s’installe à Barbizon et délaisse peu à peu les seules scènes de travail paysan pour s’intéresser davantage aux paysages. Il demeure dans le village jusqu’à sa mort en 1875.

Pour résumer

Natif de Gréville-Hague, Millet s’attache à peindre les paysans et les paysages, notamment autour de Fontainebleau et Barbizon. 

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L’École des Bords de l’Oise
Progressivement, ces précurseurs de l’Impressionnisme vont de plus en plus vers l’Ouest.

 

Le peintre Charles-François Daubigny va ainsi planter son chevalet à Auvers-sur-Oise.

Charles-François Daubigny, Le Printemps,
1862, Galerie Nationale, Musée Staatliche de Berlin, © b p k – Agence photo / Nationalgalerie, Staatliche Museen zu Berlin / Jörg P. Anders
La Maison-atelier de Daubigny,
Auvers-sur-Oise, Val-d’Oise / Photo : Daniel Raskin

 

Il possédait une petite péniche-atelier (Le Botin) avec laquelle il naviguait sur l’Oise et la Seine à la recherche de sujets.

 

Aux côtés de son ami Camille Corot, il réalise aussi de grandes fresques pour décorer sa maison-atelier. 

Un autre ancien de l’École de Barbizon, Jules Dupré, s’installe non loin de là, à L’Isle-Adam.

 

Voilà encore une nouvelle colonie d’artistes : l’École des Bords de l’Oise 

Jules Dupré, Le Pêcheur,
entre 1850 et 1880, pastel sur papier, 25 x 36 cm, Musée d’art et d’histoire Louis Senlecq / Photo : JM Rousvoal
Pour résumer

Les bords de l’Oise ont inspiré les artistes pour peindre en plein air, notamment autour d’Auvers-sur-Oise.

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Les artistes de la côte normande
Plus à l’Ouest, d’autres artistes peignent aussi en plein air.

 

C’est le cas d’Eugène Boudin : dans la lignée de peintres anglais comme Turner, il scrute le ciel changeant d’Honfleur ou de Deauville et essaie de capturer toutes ses variations sur sa toile… 

 

Des préoccupations très contagieuses, puisqu’il va les transmettre au jeune Claude Monet. 

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Eugène Boudin
Nuages blancs, ciel bleu, 1854-1859, pastel sur papier, 14,8 x 21 cm, Musée Eugène Boudin, Honfleur
William Turner
Keelmen Heaving in Coals by Moonlight, 1835, huile sur toile, National Gallery of Art, Washington
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D’Honfleur à Trouville et Deauville, on peut admirer les ciels peints par Boudin, inspirateur de Monet.

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Le Groupe des Batignolles
La liste des précurseurs de l’Impressionnisme ne serait pas complète sans un petit tour à Paris, au début des années 1860.

 

Une bande de jeunes peintres et écrivains se retrouve au bistrot pour réfléchir à ce que devrait être l’art de demain…

 

Leur idole, c’est Manet : sa peinture, très moderne et contre le goût de l’époque, les inspire beaucoup. Et comme son atelier se trouve dans le quartier des Batignolles, ces jeunes rebelles prennent le nom de Groupe des Batignolles !

 

De leurs débats, parfois houleux, naissent les grands principes de l’Impressionnisme.

Henri Fantin-Latour, Un atelier aux Batignolles,
1870, huile sur toile, 204 x 273 cm, Musée d’Orsay, Paris
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Dans les années 1860, le Groupe des Batignolles est composé de jeunes artistes parisiens, fans de Manet.

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Le Déjeuner sur l’herbe
Édouard Manet, parlons-en !

 

Est-il oui ou non un peintre impressionniste ? Si on regarde Le Déjeuner sur l’herbe, conservé au Musée d’Orsay, on pourrait penser que oui :

  • Des thèmes modernes : le pique-nique et la prostitution
  • Un grand rôle laissé à la nature
  • Une attention particulière à la lumière et aux contrastes

 

Édouard Manet, Le Déjeuner sur l’herbe,
1863, huile sur toile, 208 x 264 cm, Musée d’Orsay, Paris

Pourtant, Manet refuse de s’associer à ses jeunes amis lorsqu’ils lancent leurs expositions indépendantes.

 

Désireux d’être reconnu par les instances officielles, il va toujours éviter de participer à ces expositions dissidentes qui font scandale…

Pour résumer

Manet peint dans un style qui inspire l’Impressionnisme, mais refuse d’être assimilé à ce mouvement.

Pour résumer, vous avez découvert :

  • Impressionniste en herbe
  • Les origines
  • Les expositions impressionnistes
  • L’École de Barbizon
  • Jean-François Millet (1814-1875)
  • L’École des Bords de l’Oise
  • Les artistes de la côte normande
  • Le Groupe des Batignolles
  • Le Déjeuner sur l’herbe
Pour s’entraîner

Adolescent, Claude Monet…

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L’Impressionnisme au sens strict est un mouvement artistique très court : il dure…

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Quel groupe se forme dans les années 1860 ?

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Vous avez débloqué l’épisode suivant dans votre parcours Sur les pas des impressionnistes, entre Normandie et Île-de-France.

CHAPITRE 2

Naissance de l’Impressionnisme

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