Renoir a une idée en tête. Il veut peindre le Bal du moulin de la Galette, cette guinguette populaire où les Parisiens viennent danser et profiter du soleil le dimanche. Mais pas question de travailler en atelier : il veut être là, sur place, pour saisir exactement ce que la lumière d’été fait sur les visages et les habits des danseurs.
Le problème, c’est que le chemin depuis son atelier de la rue Cortot est particulièrement escarpé. Et une grande toile, ça ne se glisse pas sous le bras. Heureusement, Renoir peut compter sur ses amis peintres qui acceptent de l’aider à transporter le matériel à chaque séance.
Les allers-retours se multiplient pendant plusieurs mois. Au printemps 1877, le Bal du moulin de la Galette est présenté à la troisième exposition impressionniste. Ce qui frappe les visiteurs ? L’impression d’avoir été happés au cœur d’un vrai dimanche parisien, vivant, lumineux, presque en mouvement.
Puis, comme l’explique Zola, « Monet a exposé des intérieurs de gare superbes. […] Nos artistes doivent trouver la poésie des gares, comme leurs pères ont trouvé celle de la forêt et des fleuves ».
C’est le défi que se lancent les Impressionnistes ! Ils montrent la poésie du nouveau monde industriel. Ils en captent l’atmosphère, la lumière et l’impression qui s’en dégage.

Les Impressionnistes s’intéressent aux sujets de l’ère industrielle, comme les gares.
À l’époque des Impressionnistes, c’est le bazar à Paris !
Dans les années 1860, le préfet Haussmann remodèle complètement la capitale. Les travaux durent des années et donnent à Paris la tête qu’on lui connaît aujourd’hui. Pour moderniser la ville, Haussmann perce de grandes avenues bordées d’immeubles aux façades très réglementées.
Elles deviennent immédiatement un sujet de prédilection pour les Impressionnistes comme Caillebotte et Pissarro.
Haussmann crée aussi de nouvelles places, comme celle de l’Opéra, où Degas viendra souvent chercher l’inspiration…

Les modernisations insufflées à Paris par Haussmann (comme les larges avenues) inspirent les Impressionnistes.
Ces guinguettes, situées en bord de Seine, sont l’endroit parfait pour faire du canot et apprendre à nager. L’une d’elles est particulièrement à la mode, la Grenouillère à Croissy-sur-Seine.
Non loin de là, à Chatou, une autre guinguette est incontournable : la Maison Fournaise. Renoir y est un habitué. C’est là qu’il peint son célèbre Déjeuner des canotiers, tableau phare de l’art impressionniste. On raconte même qu’il échangeait parfois ses toiles contre des repas !

Guinguettes, cafés-concerts et autres lieux de loisirs font partie des sujets de prédilection des Impressionnistes.
– Pierre-Auguste Renoir

Renoir est surtout connu pour ses représentations de scènes de loisirs et de nus féminins.
Son ami Caillebotte est lui aussi totalement passionné par le canotage !

Les loisirs modernes, comme le canotage, sont un des sujets de prédilection des Impressionnistes, comme Caillebotte.
On la retrouve aussi sur la côte pour prendre des bains de mer… La mode est lancée à Dieppe, où s’ouvre la première station balnéaire en 1824, avant de se diffuser dans toute la Normandie.
On vient aussi dans des villes comme Trouville et Deauville pour sociabiliser, se promener sur les planches, profiter du grand air et des casinos.
Toute cette faune est un sujet parfait pour les peintres impressionnistes comme Eva Gonzalès, Renoir, Monet ou encore Degas, qui viennent aussi admirer les spectaculaires falaises de la côte d’Albâtre !

Les Impressionnistes aiment peindre les stations balnéaires qui apparaissent sur la côte normande au 19e siècle.
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