Eugène Boudin, maitre reconnu de la peinture de paysage, s’intéresse de près au travail d’un jeune artiste originaire du Havre qui excelle dans l’art de la caricature. Derrière ces portraits pleins d’esprit se cache un adolescent d’une quinzaine d’années : Claude Monet.
Convaincu de son talent, Boudin tente d’intéresser Monet à la nature. Mais le jeune caricaturiste ne semble pas très sensible à ses conseils… Il refuse les invitations de Boudin à aller dessiner en extérieur. Un jour, à court de prétexte, il accepte de le suivre. Et c’est une révélation !
Les yeux de Monet s’ouvrent face à la nature normande. Boudin lui conseille d’aller à Paris pour se former. Cette fois, Monet ne se défile pas et écoute immédiatement son maître !
Si l’Impressionnisme est né entre Paris et la côte normande, ce n’est pas par hasard. Ce territoire contient tous les ingrédients qui intéressent les artistes…

L’Île-de-France et la Normandie offrent des paysages et lumières variés qui attirent les Impressionnistes.
Parlons dates : l’Impressionnisme au sens strict est un mouvement artistique très court. 12 ans, c’est tout ! C’est la durée qui sépare la première exposition impressionniste en 1874 de la dernière, en 1886. Dans cette définition restreinte, ne sont « Impressionnistes » que les artistes ayant participé à ces expositions.
Mais ce qui nous intéresse, c’est l’Impressionnisme au sens large :
Cette histoire commence dès les années 1840, avec les premiers peintres en plein air…
Elle intègre de nombreux artistes avec une sensibilité impressionniste et qui, tous, ont développé leur art sur l’ensemble du bassin Normandie et Île-de-France.
… et se poursuit encore, puisque de nombreux artistes sont toujours inspirés par l’Impressionnisme !

Si l’impressionnisme au sens strict a duré 12 ans, son histoire prend racine dès 1840 et inspire toujours les artistes actuels.
Les Impressionnistes ne sont pas les premiers à aller peindre en plein air. Au milieu du 19e siècle, une petite colonie d’artistes parisiens vient chercher l’inspiration dans la forêt. Ces « pleinairistes » se retrouvent tous à Barbizon, d’où leur nom d’École de Barbizon.
Aujourd’hui, il est toujours possible de se promener dans les pas de ces précurseurs de l’Impressionnisme : un circuit des peintres traverse le village et la forêt.
Et dans l’ancienne auberge Ganne, qui les logeait, se trouve le Musée départemental des peintres de Barbizon. On peut toujours y admirer les fresques qu’ils ont peintes sur les murs !

Encore aujourd’hui, on peut suivre les traces des peintres de l’École de Barbizon, précurseurs de l’Impressionnisme.

Natif de Gréville-Hague, Millet s’attache à peindre les paysans et les paysages, notamment autour de Fontainebleau et Barbizon.
Le peintre Charles-François Daubigny va ainsi planter son chevalet à Auvers-sur-Oise.
Il possédait une petite péniche-atelier (Le Botin) avec laquelle il naviguait sur l’Oise et la Seine à la recherche de sujets.
Aux côtés de son ami Camille Corot, il réalise aussi de grandes fresques pour décorer sa maison-atelier.
Un autre ancien de l’École de Barbizon, Jules Dupré, s’installe non loin de là, à L’Isle-Adam.
Voilà encore une nouvelle colonie d’artistes : l’École des Bords de l’Oise.

Les bords de l’Oise ont inspiré les artistes pour peindre en plein air, notamment autour d’Auvers-sur-Oise.
C’est le cas d’Eugène Boudin : dans la lignée de peintres anglais comme Turner, il scrute le ciel changeant d’Honfleur ou de Deauville et essaie de capturer toutes ses variations sur sa toile…
Des préoccupations très contagieuses, puisqu’il va les transmettre au jeune Claude Monet.

D’Honfleur à Trouville et Deauville, on peut admirer les ciels peints par Boudin, inspirateur de Monet.
Une bande de jeunes peintres et écrivains se retrouve au bistrot pour réfléchir à ce que devrait être l’art de demain…
Leur idole, c’est Manet : sa peinture, très moderne et contre le goût de l’époque, les inspire beaucoup. Et comme son atelier se trouve dans le quartier des Batignolles, ces jeunes rebelles prennent le nom de Groupe des Batignolles !
De leurs débats, parfois houleux, naissent les grands principes de l’Impressionnisme.

Dans les années 1860, le Groupe des Batignolles est composé de jeunes artistes parisiens, fans de Manet.
Est-il oui ou non un peintre impressionniste ? Si on regarde Le Déjeuner sur l’herbe, conservé au Musée d’Orsay, on pourrait penser que oui :
Pourtant, Manet refuse de s’associer à ses jeunes amis lorsqu’ils lancent leurs expositions indépendantes.
Désireux d’être reconnu par les instances officielles, il va toujours éviter de participer à ces expositions dissidentes qui font scandale…

Manet peint dans un style qui inspire l’Impressionnisme, mais refuse d’être assimilé à ce mouvement.
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